Le miracle de la malice traverse le temps et les âges, c’est ce que je me suis dit quand j’ai assisté à un spectacle saisissant lors de mon séjour à Clermont-Fd. Je suis place de Jaude, j’attends le tramway, il est en retard, il fait beau, je fume une clope et j’observe. J’observe la population qui évolue dans l’espace, j’imagine qui ils sont, ce qu’ils font. La veille, j’étais au même endroit et je regardais un vieil homme, bossu, la soixantaine bien passée entrain de se faire aider pour traverser la rue. Ce fut très long. Il mit au moins deux minutes tellement sa marche était lente et laborieuse. À cette allure, il avait du sortir à 5heure du mat’ pour aller faire les courses et rentrer à temps pour le JT de 20H. Il bloque la circulation, il est aidé par une jeune fille qui s’arme de patience et redoute sûrement de se faire écraser par un bus de la T2C. Je suis à la fois compatissant et moqueur. Pourquoi ce mec n’est pas alité dans une maison de retraite et diverti par des bénévoles des arts du spectacle? Je twitte. J’oublie.
Nous sommes donc le lendemain, j’attends le tramway, je revois ce mec. Cette fois, il marche à peu près correctement, s’arrête, s’appuie sur sa canne et nous refait le coup de la marche du pingouin. Il aborde une jeune fille et lui demande de l’aider à traverser la voie de tram. Je commence à me dire que ce petit malicieux feint son handicap pour rentrer en contact avec de jeunes demoiselles. Il ne lui présente pas son bras pour se faire aider mais sa main. La fille le prend donc par la main et l’aide à traverser. De vrais petits tourtereaux et même spectacle : le mec avance très lentement, son pas est lourd et hésitant, on dirait qu’il a deux petites masses à la place des pieds.
Ils sont de l’autre côté. Le grand père la remercie et tente de l’embrasser pour la remercier, la fille esquisse. Je me marre. Le tram arrive, je prendrai le suivant, je veux percer le mystère de ce malicieux personnage. Je me déplace pour mieux observer. Même espièglerie, il se redresse, fait deux pas assez énergiques vers un groupe de filles qui l’ignore, il se retourne et une jeune fille lui propose de l’aider en lui prenant le bras. Le vieux la repousse violemment, et lance un truc genre « Toi, je veux pas, toi » La fille est noire. Je me marre. Il s’en va à petite foulée et revient se poster devant l’arrêt du tramway, je suis en face, il ne me manque plus que du pop corn et des lunettes 3D.
La malice reprend son droit. Le vieux raciste faussement handicapé et profitant de la gentillesse de jeunes filles innocentes nous refait son numéro. Il en aborde une qui accepte gentiment de l’aider. Il m’a vu. Il sait que je regarde. Il n’a pas l’air content, je lui fait un petit clin d’œil pour lui faire comprendre que je sais… oui je sais ce qu’il fait le petit vieux. Ils avancent vers moi et le mec me lance des regards, je lui souris, je lève mon pouce genre « bravo continue comme ça, mon gars » . Il a l’air furax, je me marre, je continue à faire le con. La malice est à son apogée. Ils sont presque arrivés, elle l’aide à monter sur le quai de l’arrêt de tram juste à coté de moi, je frappe dans mes mains et je lui dit « Alors, elle est pas belle la vie ? ». La fille se braque et me foudroie du regard. Le vieux fait comme si de rien n’était, pourtant il sait, il sait que je sais.
On aurait pu communiquer, on se serait assis, on aurait pris une bière, il m’aurait raconté comment il en est arrivé là, comment sa femme est morte, comment ses enfants l’ignorent depuis qu’ils lui reprochent la mort de leur mère. Qu’il est seul avec la télévision, que Jean Luc Reichmann est son meilleur ami, que l’Algérie c’était le bon temps, que la société aujourd’hui va trop vite, qu’il est perdu, qu’il manque de grands hommes comme le Général de Gaulle, que la guerre éveille la poésie et qu’au final c’était mieux avant. Je lui aurais expliqué a mon tour comment je me sers de la misère d’autrui pour alimenter le contenu de mon blog,… l’échange, le partage, l’altruisme…les valeurs humaines en fait.
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jeudi 22 avril 2010
mercredi 24 mars 2010
Un noir peut en cacher un autre
C’est la réflexion que je me suis faite depuis la mort de Michael Jackson qui a volé la vedette à l’acteur comateux et souffrant d’un dysfonctionnement rénal, Mouss Diouf. Même si Michael Jackson a tenté de faire disparaître sa négritude à grand renfort de chirurgie et d’éclaircissement, il est avec Mouss Diouf un représentant du peuple noir, le peuple des vieux sorciers. Représentants mais très différents. Michael Jackson est un Afro-Américain dont les ancêtres ont été acculturés depuis longtemps par la société de consommation américaine, ce sont ses aïeux et cette société qui ont fait de lui ce qu’il est devenu: une bête de scène un peu pâlotte.
Derrière la dépouille de Michael Jackson se trouve le corps lourd de Mouss Diouf allongé sur un lit d’hôpital. Mouss Diouf est venu de Dakar à l’âge de deux ans bravant mers et montagnes pour retrouver les hommes qui avaient colonisés son pays d’origine au XVIIème siècle. Petit, il n’a pas connu les strass et les paillettes des plateaux de télévisions, il vivait en Seine Saint Denis dans un environnement modeste en bon immigré sénégalais qu’il était. Un monde complètement différent de celui de Michael Jackson mais qui allait faire de Mouss Diouf un acteur tant apprécié des Français. Ces derniers ont toujours aimé les personnes d’origine immigrée qui les font rire ; et lui c’est le flic sympa, un peu drôle, un peu gentil, un bon gros noir comme on les aime. Le genre de gars qui nous fait penser qu’au final on est pas si raciste que cela quand on peste contre les hommes de couleur ou contre ces jeunes lascars qui se traitent de fils de putes entre potes à longueur de journée.
Les gens sont allés voir son nouveau spectacle, qui n’est vraisemblablement pas drôle, parce qu’il représente un cliché, il rassure. Pas comme Véronique Genest, première femme flic à la télévision, rousse de surcroît, qui a recruté notre bon Mouss Diouf comme subordonné. Dans cette série, socialement le noir reste encore à sa place mais la femme est promue! Maintenant elles peuvent aussi commander les Africains, c’est ça l’avancement des droits de la femme dans la société française.
Parce que Véronique Genest est incapable de rivaliser physiquement avec les criminels et autres délinquants qu’elle appréhende, elle se fait suppléé par Mouss Diouf qui va faire le sale boulot et laisser à la demoiselle le soin de ne pas écailler son vernis. Malheureusement, Véronique Genest ne lui a jamais taillé de pipe pour le remercier de ses services, car cela serait mal apprécié par les téléspectateurs : il outrepasserait sa condition de bon noir pour devenir un sale nègre qui culbute nos belles femmes blanches.
Le décès du roi de la pop a donc complètement fait oublier aux Français le malheur de Mouss Diouf qui pourtant joue un rôle prépondérant de catalyseur social pour des blancs qui se déculpabilisent de leur xénophobie sous-jacente par l’affection qu’il porte à l’acteur d’origine sénégalaise. J’attends donc vos messages de soutien à Mouss Diouf qui en a bien besoin.
Derrière la dépouille de Michael Jackson se trouve le corps lourd de Mouss Diouf allongé sur un lit d’hôpital. Mouss Diouf est venu de Dakar à l’âge de deux ans bravant mers et montagnes pour retrouver les hommes qui avaient colonisés son pays d’origine au XVIIème siècle. Petit, il n’a pas connu les strass et les paillettes des plateaux de télévisions, il vivait en Seine Saint Denis dans un environnement modeste en bon immigré sénégalais qu’il était. Un monde complètement différent de celui de Michael Jackson mais qui allait faire de Mouss Diouf un acteur tant apprécié des Français. Ces derniers ont toujours aimé les personnes d’origine immigrée qui les font rire ; et lui c’est le flic sympa, un peu drôle, un peu gentil, un bon gros noir comme on les aime. Le genre de gars qui nous fait penser qu’au final on est pas si raciste que cela quand on peste contre les hommes de couleur ou contre ces jeunes lascars qui se traitent de fils de putes entre potes à longueur de journée.
Les gens sont allés voir son nouveau spectacle, qui n’est vraisemblablement pas drôle, parce qu’il représente un cliché, il rassure. Pas comme Véronique Genest, première femme flic à la télévision, rousse de surcroît, qui a recruté notre bon Mouss Diouf comme subordonné. Dans cette série, socialement le noir reste encore à sa place mais la femme est promue! Maintenant elles peuvent aussi commander les Africains, c’est ça l’avancement des droits de la femme dans la société française.
Parce que Véronique Genest est incapable de rivaliser physiquement avec les criminels et autres délinquants qu’elle appréhende, elle se fait suppléé par Mouss Diouf qui va faire le sale boulot et laisser à la demoiselle le soin de ne pas écailler son vernis. Malheureusement, Véronique Genest ne lui a jamais taillé de pipe pour le remercier de ses services, car cela serait mal apprécié par les téléspectateurs : il outrepasserait sa condition de bon noir pour devenir un sale nègre qui culbute nos belles femmes blanches.
Le décès du roi de la pop a donc complètement fait oublier aux Français le malheur de Mouss Diouf qui pourtant joue un rôle prépondérant de catalyseur social pour des blancs qui se déculpabilisent de leur xénophobie sous-jacente par l’affection qu’il porte à l’acteur d’origine sénégalaise. J’attends donc vos messages de soutien à Mouss Diouf qui en a bien besoin.
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